ruboff236La bass music prend d'assaut les dancefloors d'Afrique et d'Amérique Latine. Il suffit d'écouter les bombardements sonores opérés par le kwaito sud africain ou le kuduro angolais pour ressentir l'onde de choc. Un souffle qui ravage le Brésil où sévit le baile funk. Apparu dans les favelas de Rio et de Sao Paulo, ce rythme, rebaptisé neo baile, dynamite le groove précité à coups de synthés hyperpuissants et de chants dévastateurs. Editée par l'excellent label Mr Bongo, la compilation Funk Globo prend l'allure d'une poudrière. Souvent éclatée entre maxis et interventions live, la production locale trouve ici son premier recueil. Composé par le pauliste Renato Martins et le londonien Sean Casey alias Bumps du club anglais Popozuda, Funk Globo enperle quinze témoignages précieux. Maga Bo diffuse ses choeurs ensorcelants sur Balanco da Canoa. Epaulé par MC Gi, Chega défragmente la samba. Alors que La Bombacion invite le MC hexagonal Tecou pour un Baile Funk d'anthologie. Loin de la bossa nova et des ideaux tropicalistes, les différentes interprètes ou DJ invités affirment un Brésil en pleine croissance. Complément dansant et ludique au registre underground couvert par la compilation Daora, Funk Globo prône la révolution sonore. Alors qu'en Europe, créateurs electro et techno piétinent des baskets, les tenants du neo baile assimilent sans poses ni complexes. Signe des temps, un groupe fondateur tel Kraftwerk est aujourd'hui repris par des figures aussi différentes que le classieux Seu Jorge ou la diva tecnobrega Gaby Amarantos. Enfin paraphrasons Lewis Robinson, le patron du label Mais um Discos, et constatons que cette musique va faire pester les puristes. C'est une bonne chose.

 Funk Globo : The sound of neo baile

Vincent Caffiaux