south-african-vibes-artwork-DEFVaste réservoire musical, l'Afrique du Sud connait une mutation détonante au travers des musiques urbaines. Cette mosaïque de rythmes est à l'image du pays, vaste, multiculturel et aux enjeux complexes. South African Vibes, la compilation digitale sortie chez Believe traduit notamment ces bouleversements. Selectionnées par le site Mondomix, à l'occasion de la saison sud-africaine en France, les vingt trois plages du recueil synthétisent les principaux courants issus de Jo'Burg ou du Cap, depuis une soixantaine d'années. Registre symbolique, le jazz est habilement programmé via Letta Mbulu. Miriam Makeba, symbole de la lutte contre le régime raciste de l'Apartheid, est présente avec son groupe historique, Skylarks. La formation polyphonique Ladysmith Black Mambazo, compagnon de route d'un certain Paul Simon, est toujours aussi émouvante. Et le défunt Lucky Dube, reggae star dans les 80's, figure sur la selection avec une version live de...Remember me. Mais la pertinence de cette production numérique ne s'arrête pas à ces noms. Véritables electro-chocs, le kwaito et le shangaan sont judicieusement incorporés. Blue Gene et Dplanet sont autant de baromètres de la scène ambiante. Une production hybride affirmée par Skip & Die, les stars montantes et leur fusion déjantée voire par Spoek Mathambo et son Control, adaptation terrifiante du titre de Joy Division. Le rap n'est pas oublié avec le créatif Tumi, en solo ou invité par le collectif hexagonal Chinese Man aux côtés de General Electriks... Ta Bom, le titre du collectif transpire le groove et n'a rien à envier au répertoire américain. On déplorera pourtant l'absence d'interprètes ou groupes cruciaux comme Mahlathini et Stimela. Si South African Vibes reste un pass précieux pour explorer les arcanes de la musique sud-africaine, l'édition aurait toutefois méritée plusieurs volumes, tant la scène locale est dense.

 

Believe Digital

Vincent Caffiaux