samba-toure-300x300 A l'automne 2012, l'enregistrement du dernier album du Malien Samba Touré s'est heurté aux divisions qui meurtrissent depuis son pays. Ce climat lourd imprègne Albala. Moins rock que la récente livraison de Bombino ce troisième disque, qu'on traduira par danger ou risque, exprime pourtant une évolution similaire. Be Ki Don, la plage d'ouverture, s'aligne droite comme un piquet rongé par le soleil du Ténéré. Le prenant Fondora laisse transparaître l'indignation. Loin des messages pastoraux de son mentor feu Ali Farka Touré, le titre dénonce la guerre et ses atrocités : " I say, leave our road/ All killers leave our road/ Thieves leave our road / Looters, leave our road/ Rapists, leave our road/ Betrayers, leave our road ". Accompagné par Zoumana Terata au soku (violon à une corde) et par la chanteuse traditionnelle Aminata Wassidje Traoré, Samba Touré use d'arrangements acoustiques subtils, notamment sur Ayé Go Mila. Cette instrumentation mesurée est la marque de l'album. Un gage d'espace que l'on retrouve sur le solennel Al Barka et son incroyable duo guitare-voix. Chanté en songhaï et en bambara, les deux grands dialectes maliens, Albala est, à l'image de cette production composite, un symbole d'unité. Esprit curieux, l'Australien Hugo Race conforte cette ouverture au travers de touches atmosphériques efficaces. Le membre des Bad Seeds creuse ici le sillon entamé à Bamako avec son projet Dirtmusic. Présent sur cet album, Samba Touré incarne une source d'inspiration évidente pour la scène rock.

Albala - Glitterbeat

Vincent Caffiaux