Kobo Town_Sleeve_5x5_300dpiLa bonne surprise discographique de ce début d'été provient de Trinidad. Terre des pans et du calypso l'archipel, posé à trois barils de pétrole du Venezuela, est la contrée natale de Drew Gonsalves. Après un déménagement à Toronto à treize ans, l'homme retrouve la Caraïbe avec son groupe, Kobo Town. Référence au quartier où serait né le kaiso (autre appellation du calypso), la formation sort un deuxième album impeccable de justesse. Produit par Ivan Duran, spécialiste de la culture garifuna et manager du regretté Andy Palacio, Jumbie in the Jukebox renoue avec la tradition sociale du calypso. En vogue dans les 50's, ce répertoire s'est ensuite amalgamé à la soca, pour un formatage guère probant. Héritier de monstres sacrés tel Lord Kitchener ou Mighty Sparrow, le musicien trinado-canadien renouvelle cette culture au travers d'arrangements électriques, héritage de son séjour au sein de la mégapole canadienne. Kaiso Newcast et Mr Monday créolisent sur la rythmique à coup d'allitérations ravageuses. Sous le cliché touristique se cache une réalité peu reluisante. Postcard Poverty, lien naturel avec le rub a dub jamaïquain, évoque cette dimension. Une bonne manière de rappeller le pouvoir d'assimilation du reggae, un genre marqué par le rythm and blues, le mento et le...calypso. Le beau Diego Martin est empreint de la mélancolie propre aux exilés. Alors que Joe the Paranoiac et sa guitare entêtante puisent aux racines africaines du répertoire. Particulièrement soignés, les arrangements de cuivres sont perceptibles sur War between Is and Ought. Mais le meilleur se niche en fin d'album avec Tick Tock Goes the Clock, un mini vaudeville tropical doté d'un ressort narratif grinçant... A découvrir !

Jumbie In The Jukebox - Cumbancha

Vincent Caffiaux